Réseaux sociaux, la publicité, amis ou ennemis ?

Téléphone et poste de télévision en 1980

Je fais partie de la génération X. Celle qui a grandi sans smartphone dans la poche, sans filtres Snapchat pour se transformer en lapin ou en mannequin en un clin d’œil. À mon époque, « téléphoner à un ami » signifiait composer un numéro sur le téléphone fixe du salon, et nos réseaux sociaux se limitaient aux derniers potins partagés autour de la machine à café.

Aujourd’hui, le monde a bien changé. On marche dans la rue avec des oreillettes invisibles, on gère nos vies sans sortir le téléphone de notre poche et on fait des visios avec l’autre bout de la Terre comme si on partageait le même canapé. Le téléphone vocal est devenu une extension de nous-mêmes.
Comme dit souvent ma mère : « À quand la puce intégrée directement dans l’oreille?»

Rassurez-vous, je ne suis pas anti-technologie, loin de là. Quand je me perds en pleine campagne, mon téléphone me sauve la vie et je me prends un peu pour Indiana Jones avec une boussole high-tech.
Mais parfois, je reste perplexe. Quand je vois un enfant de 5 ans scotché à des vidéos Instagram juste pour que ses parents aient la paix, je me pose des questions…
En voulant nous connecter au monde, ne sommes-nous pas en train de nous déconnecter de la réalité ?

Sans trop m’en rendre compte, j’ai suivi le mouvement comme tout le monde. Mon histoire avec le virtuel a commencé en 2005, lorsque j’ai poussé les portes de Facebook.
À l’époque, le site créé par Mark Zuckerberg venait tout juste de dépasser les frontières des universités américaines. Pour moi, c’était magique, je pouvais enfin garder le lien avec mes proches, peu importe la distance. J’avoue que j’aimais bien ce petit pouvoir de liker ou non, ce contrôle sur ce que je choisissais de montrer de ma vie. Et étonnamment, à cette époque-là, j’avais un nombre incroyable d’amis virtuels.

Smartphone et ordinateur

Pendant longtemps, je me suis arrêtée là. YouTube existait bien, mais je n’y mettais presque jamais les pieds. Et puis, le fameux confinement de mars 2020 est arrivé. La télévision était devenue tellement anxiogène et étouffante que j’ai fini par l’éteindre pour me tourner vers les vidéos en ligne. C’est comme ça que je me suis retrouvée à suivre des cours de fitness au milieu de mon salon pour essayer de bouger un peu.

Les réseaux sociaux, quel impact

De fil en aiguille, l’algorithme a fait son travail. Après YouTube, j’ai fini par installer Instagram, puis TikTok… Bref, avec leurs milliards d’utilisateurs à travers le monde, ces applications ont fini par m’attraper moi aussi. Il faut bien l’avouer, je suis devenue ce qu’on appelle une excellente cliente !

Mais un jour, lors d’une balade, j’ai eu un déclic. En passant devant la terrasse d’un restaurant, j’ai regardé les gens. À une même table, plusieurs personnes partageaient un repas… sans s’échanger un seul regard. Chacun avait les yeux rivés sur son écran. Le monde changeait à toute vitesse, et je ne l’avais même pas vu venir.

Lors du tout premier confinement en France, le 17 mars 2020, les réseaux sociaux ont eu un rôle formidable, ils ont permis à des milliers de personnes de se mettre ou de se remettre au sport pour rester actives chez elles, ce qui est extrêmement positif. C’est à ce moment-là que de nombreux créateurs de contenu ont vu leur communauté exploser.

Une femme faisant du sport devant une caméra

Aujourd’hui, ils font partie intégrante du paysage français et de la publicité, et certains ont même développé leurs propres marques. Si plusieurs de leurs produits ou conseils sont tout à fait intéressants, il faut simplement garder à l’esprit que d’autres le sont beaucoup moins, car ces influenceurs n’ont pas toujours de formation officielle en nutrition ou en diététique.

Si certains partagent des conseils très pertinents, d’autres s’improvisent experts sans aucun diplôme ni formation. Ils partagent des régimes à la mode, des compléments miracles et des méthodes de perte de poids ultra-vendeuses mais dangereuses. En prônant des pratiques extrêmes, ils peuvent pousser leur audience, souvent jeune et influençable, vers des carences ou des troubles du comportement alimentaire.
On oublie trop souvent que derrière ces sourires parfaits se cachent des contrats publicitaires très lucratifs. Ces créateurs sont payés par des marques pour nous vendre un produit, pas forcément pour notre bien-être.

Une télévsion entre deux jeunes femmes assises sur la plage

En scrollant à l’infini sur TikTok, j’ai souvent l’impression d’un éternel recommencement. Notre époque ressemble curieusement aux années 80, mais en beaucoup plus rapide.
Dans les années 80, les clips à la télé ont totalement révolutionné la musique. Aujourd’hui, TikTok fait exactement la même chose, un morceau devient viral grâce à une petite chorégraphie, propulsant des anonymes au rang de stars mondiales en un clic… avant que le public ne les oublie deux mois plus tard.
C’est le grand retour de la « gloire express » de l’époque du Top 50.

Et cette nostalgie de ces années ne s’arrête pas là, on la retrouve même dans la publicité. À l’époque, les pubs marchaient surtout grâce à des slogans percutants et des visuels parfaits. Aujourd’hui, les publicitaires préfèrent s’inspirer directement des grandes obsessions des réseaux sociaux.

J’en ai eu la preuve récemment en regardant la télévision, je suis tombée sur une publicité pour une simple boîte de sardines. Contre toute attente, l’argument de vente n’était pas son goût ou sa fraîcheur, mais sa forte teneur en protéines !
Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que sur TikTok et ailleurs, la protéine est devenue l’argument phare pour sculpter son corps.

une boite de thon ouverte

Les marques copient désormais les tendances des écrans pour capter notre attention.

À force de chercher l’évasion sur mes écrans, j’ai réalisé une chose essentielle, tout ce temps passé à scroller, c’est autant de temps que je pourrais consacrer à de vrais instants de vie et de partage avec mes proches.
Les réseaux nous aspirent dans un tourbillon de contenus éphémères qui nuisent à notre concentration et nous éloignent de nos priorités.

Après tout, les créateurs de contenu sont des personnes comme vous et moi, ils ont le droit à l’erreur et ont parfois des intérêts commerciaux. C’est donc à nous, avec notre bon sens, d’apprendre à regarder leurs vidéos avec un peu de recul et de discernement.

Les textes que je partage ici sont le fruit de mes propres recherches et de mes questionnements. C’est un dialogue intérieur que j’ouvre avec vous. Mon but n’est pas de juger, ni de peindre le monde en noir. Au contraire, je veux regarder l’avenir avec optimisme, bienveillance et lucidité pour le bien de ceux que j’aime.

« Internet. On ne sait pas ce qu’on y cherche mais on trouve tout ce qu’on ne cherche pas. » Anne Roumanoff