À force d’entendre tout et son contraire sur ce que nous mangeons, on finit par s’y perdre. Pourtant, décrypter le contenu de nos assiettes est devenu essentiel pour faire des choix conscients et retrouver une alimentation sereine.
En 1992, après avoir souffert de douleurs articulaires, j’ai découvert que je portais le gène HLA B27, présent chez environ 8 % de la population française. Les anti-inflammatoires qu’on m’a prescrits étaient si nombreux que je me sentais comme une véritable souris de laboratoire. Pour ne rien arranger, un rhumatologue m’a un jour affirmé qu’à mes 40 ans, je finirais en fauteuil roulant. Plutôt encourageant, n’est-ce pas ?

Nous sommes en 1993. Je rencontre un médecin généraliste atteint d’une maladie génétique qui lui fait progressivement perdre la vue, sans qu’il puisse y remédier. Il est le premier à m’expliquer l’importance cruciale de notre alimentation, en me faisant remarquer une chose, les fruits et légumes d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier.
Pourtant, à cette époque, personne ne me propose autre chose que des anti-inflammatoires. Aucun médecin, aucun rhumatologue ne me parle de l’alimentation ni du rôle qu’elle peut jouer sur ma santé. Je ne comprends pas encore que ce que nous mettons dans notre assiette a un impact direct sur notre corps. Sur le moment, je ne prête pas attention à ses paroles. Et pourtant, des années plus tard, je pense si souvent à lui. À quel point il était difficile, à l’époque, de trouver des informations fiables sur le lien entre choix alimentaires et bien-être…

Dans les années 80, les publicités mettaient en avant la viande, les produits laitiers et d’autres aliments, les présentant comme indispensables à notre santé. Elles soulignaient leur richesse en nutriments essentiels et leur rôle clé dans la croissance. Tout était fait pour nous encourager à les consommer afin de rester en bonne santé.
Ce qui était frappant, c’est qu’aucune publicité ne mettait directement en avant les fruits et les légumes frais. Les fruits apparaissaient principalement dans des bouteilles industrielles, où l’on vantait les vitamines qu’elles contenaient, souvent avec une mention du nombre d’oranges pressées pour chaque bouteille. Quant aux légumes, ils étaient relégués aux soupes industrielles, loin de leur forme naturelle.
D’ailleurs, Richard Gotainer était un très grand spécialiste pour nous mettre des slogans dans la tête : Banga avec le slogan « il y a des fruits et il y a de l’eau… », « le couscous Saupiquet à la viande et au poulet », « buvez, éliminez… », « Il est quatre heures, à la bonne heure », « on se lève tous pour Danone ». Les personnes appartenant à la génération X se souviennent encore de ses chansons publicitaires.
Poussés par les médecins et les publicités de l’époque, nos parents étaient convaincus que boire un verre de lait était excellent pour la santé. Ils nous encourageaient à consommer cette boisson au petit déjeuner, car ils croyaient fermement à ses bienfaits. Il était réputé pour sa richesse en calcium, nécessaire à la santé de nos os et de nos dents. Vous vous souvenez du slogan « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » ? Il date de 1981.

De quoi ancrer durablement cette idée dans nos habitudes alimentaires. Le jus d’orange du petit-déjeuner était lui aussi considéré comme la boisson capable d’apporter les vitamines essentielles dont le corps avait besoin.

Mais les produits laitiers sont loin d’être la seule source de calcium dans une alimentation équilibrée et variée. Le calcium est présent dans les épinards, les sardines ou encore les amandes, mais il y a 40 ans, on ne vous le disait pas. La recommandation de manger ou boire trois produits laitiers par jour remonte en réalité au premier PNNS (Programme National Nutrition Santé), lancé en 2001 par Bernard Kouchner. Le but affiché était de rééquilibrer les habitudes alimentaires françaises, sources de pathologies comme l’obésité enfantine.
Ma mère me racontait que, lorsqu’elle était petite, elle buvait le lait directement à la mamelle de la vache et qu’il était très bon, je n’en doute pas une seconde. Mais aujourd’hui, le lait contient des pesticides (cinq fois plus que les végétaux), des métaux lourds, mais également des hormones de croissance liées aux pratiques des producteurs afin d’augmenter leurs rendements. Ces derniers seraient néfastes et notamment associés à une augmentation du risque de cancer du sein, de maladie coronarienne, sans oublier des effets pro-inflammatoires. Le lactose et les graisses saturées présents dans le lait ne permettent pas à l’estomac humain de le digérer correctement.
On estime d’ailleurs à 75 % le nombre de personnes intolérantes au lactose, du fait de l’absence de l’enzyme lactase, indispensable à sa digestion au sein de leur organisme. Il peut provoquer chez l’adulte des troubles de la flore intestinale, ainsi qu’une perméabilité intestinale. À terme, le lait peut engendrer une toxi-infection générale avec des conséquences particulières sur l’immunité. Alors pourquoi continuer à donner cet aliment à nos enfants ?
Pourtant, en 2024, les manuels scolaires de 6e proposent toujours comme exemple de petit-déjeuner le suivant : un verre de jus d’orange (ou un fruit frais), un verre de lait (ou du fromage), accompagné de pain et de beurre (ou des céréales). Cela m’amène à me demander, quel laboratoire a bien pu financer cette idée de petit-déjeuner ?

Même la science s’y perd. Une étude d’envergure menée sur la population suédoise, publiée en 2014 dans le British Medical Journal, a jeté un pavé dans la mare en concluant qu’une forte consommation de lait pouvait augmenter les risques de fractures et de mortalité. À l’inverse, des travaux parus en 2021 et menés sur plusieurs milliers de résidents en maisons de retraite en Australie ont démontré qu’un apport accru en produits laitiers réduisait significativement le risque de chutes et de fractures chez les personnes âgées. Face à ces conclusions diamétralement opposées, force est de constater que l’effet des laitages sur la solidité de nos os n’est pas clairement établi. Cette divergence de résultats soulève des questions sur l’industrie agroalimentaire qui finance parfois ces recherches.
Sources
https://www.bmj.com/content/349/bmj.g6015
https://www.bmj.com/content/375/bmj.n2364
L’absurdité du système médical
Malheureusement, les institutions censées nous protéger marchent souvent sur la tête. La dernière fois que je suis allée à l’hôpital, je me suis rendue compte de l’aberration des propositions alimentaires. Des distributeurs remplis de barres chocolatées, de boissons sucrées gazeuses, de chips, etc. Une petite cafétéria proposant les mêmes aliments qui coûtent la peau des fesses, et aucun fruit. Peut-on m’expliquer pourquoi dans un hôpital, un endroit censé promouvoir la santé, les seules options disponibles sont de la malbouffe ?
Cela me semble complètement incohérent.

Quand j’ai vu arriver les repas dans la chambre de la malade, qui était ma mère, je suis devenue livide. Purée, jambon cuit, morceau de fromage, yaourt et compote. Elle souffrait de polyarthrite. Alors pourquoi lui avoir donné des aliments pro-inflammatoires ? J’ai posé la question à l’infirmière qui m’a répondu que le menu avait été fait par une diététicienne.
J’ai mis beaucoup de temps à comprendre ce que l’alimentation pouvait m’apporter et encore aujourd’hui, il m’arrive de manger des chips en me disant que ce n’est pas grave et que c’est une exception. Pourtant, si je prends le temps de réfléchir, je sais au fond de moi que ce n’est pas une exception et que c’est juste une excuse pour me dédouaner.
J’ai grandi avec beaucoup de rumeurs et de convictions sur la nourriture, et c’est parfois difficile de se dire que les connaissances qui m’étaient transmises étaient fausses. Je n’ai pas le désir de changer votre alimentation, cependant, il est important de prendre conscience de l’impact de nos choix sur notre bien-être. La santé est un sujet complexe et personnel, et chaque individu a des besoins différents. Mon objectif est simplement de vous faire part de mes découvertes et de vous aider, peut-être, à prendre des décisions éclairées.
Je vous invite à faire vos propres recherches, à consulter diverses sources et à interroger des experts. Cela demande du temps, mais notre santé n’est-elle pas une bonne raison ? Je ne crois pas qu’il faille manger de tout pour être en bonne santé.
« Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire. », Bouddha
