Ce que nous mangeons…

Une marmite remplie de lait rose et de viande

Viande polluée, légumes aux pesticides… À force d’entendre tout et son contraire sur ce que nous mangeons, on finit par s’y perdre. Pourtant, décrypter le contenu de nos assiettes est devenu essentiel pour faire des choix conscients et retrouver une alimentation sereine.

Avec l’évolution des pratiques agricoles et l’utilisation intensive de pesticides, notre alimentation a connu des changements importants. Les légumes et les fruits d’aujourd’hui ont souvent moins de nutriments essentiels et plus de résidus chimiques. Mais le pire se trouve probablement dans notre relation avec les animaux et la vie.

Nous sommes devenus les complices d’un désastre alimentaire et environnemental

L’enfer de l’élevage intensif

La consommation de poulet, bœuf ou porc élevés en batterie et traités avec des antibiotiques pose des risques majeurs. L’usage excessif d’antibiotiques utilisés depuis des décennies en médecine vétérinaire, à la fois pour traiter des infections mais aussi pour accélérer la croissance des animaux d’élevage, peut entraîner une résistance aux médicaments chez les humains, rendant les infections plus difficiles à traiter.

Médecin avec un Stéthoscope.
une photo qui montre des poules enfermées dans des cages

Dans les usines, ils font éclore des millions de poussins. Ces poulets sont génétiquement modifiés pour qu’ils soient plus en chair au niveau de la poitrine. Leurs organes et leur squelette ne suivent pas cette croissance musculaire ultra-rapide. Cela crée des arrêts cardiaques, certains ne tiennent plus debout et rampent sur les cadavres ou les déjections de leurs congénères. Ils sont élevés dans la souffrance.

Les porcs, quant à eux, sont élevés dans des espaces si restreints qu’ils ne peuvent ni se retourner ni explorer leur environnement. Leurs queues sont coupées, leurs dents limées, sans anesthésie, pour éviter les morsures dues au stress extrême. Ils vivent sur un sol en béton, privés de lumière naturelle, baignant parfois dans leurs excréments. Ces êtres intelligents, comparables aux chiens, sont privés de toute forme de bien-être jusqu’à leur mise à mort.

Plusieurs porcelets qui représente l'élevage intensif
Photo de vaches représentant l'élevage intensif

Dans les abattoirs, les vaches sont souvent tuées dans un état de panique, et certaines sont même abattues alors qu’elles sont encore gestantes. Pour produire du lait en grande quantité, les vaches laitières sont inséminées de façon répétée. Leurs veaux leur sont retirés dès la naissance, et leurs cornes sont systématiquement enlevées.
En France, la quasi-totalité des élevages laitiers pratique l’écornage afin de faciliter la traite, le transport et l’abattage. Pendant leur gestation, ces vaches continuent d’être traites : elles sont donc exploitées à la fois pour leur lait et pour leur veau, avant de finir à l’abattoir.

Le désastre de la pêche et de la pisciculture

Le désastre ne s’arrête pas à la terre ferme. Au départ, la pisciculture semblait être une excellente idée : élever des poissons pour répondre à la demande sans détruire l’écosystème marin. Malheureusement, cette méthode a tourné à la catastrophe, et le saumon d’élevage est aujourd’hui devenu particulièrement nocif. Dans ces fermes maritimes, les poissons s’entassent par centaines dans des filets, évoluant au milieu de leurs propres excréments.

Photo montrant l'élevage intensif de poissons

Plus inquiétant encore, la présence d’un « entérovirus » y est régulièrement détectée, sans qu’aucune étude approfondie n’ait encore été menée pour mesurer son impact réel sur la santé humaine. En parallèle, cette industrie accélère la disparition du saumon sauvage. Enfin, pour masquer cette réalité et rendre le produit plus appétissant, les éleveurs n’hésitent pas à utiliser des colorants artificiels afin de recréer de toutes pièces la couleur rose caractéristique de la chair du saumon sauvage.
Quant à la pêche industrielle, elle endommage gravement les fonds marins, les filets traînés sur le sol détruisent les écosystèmes sous-marins. Cette méthode capture aussi des espèces non ciblées, appelées prises accessoires (comme lors de la pêche au thon). Lorsque trop de poissons sont pêchés, il ne reste plus assez d’adultes pour que les espèces puissent se reproduire et survivre.

Fausses solutions technologiques…

Laboratoire pour fabriquer des souches de viandes

Pour pallier cela, de nouvelles technologies apparaissent. Aux États-Unis, la commercialisation de la viande cultivée in vitro est désormais une réalité. Le processus consiste à prélever des cellules animales pour les multiplier dans des milieux de culture artificiels. Fin 2022 – début 2023, la FDA a confirmé l’absence de danger, et en juin 2023, le ministère de l’Agriculture américain (USDA) a donné son accord à deux entreprises, Upside Foods et Good Meat, pour vendre leur poulet de laboratoire.

À l’origine, ce projet veut répondre à un défi environnemental majeur (l’élevage traditionnel génère à lui seul 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre). Mais sur le terrain, des États comme la Floride ou l’Alabama ont déjà interdit ces produits pour protéger l’élevage traditionnel. Au-delà de la politique, cette prouesse technologique me fait froid dans le dos. Il devient difficile de ne pas penser avec nostalgie au film culte « L’aile ou la Cuisse », où l’on dénonçait déjà de manière prémonitoire une alimentation industrielle totalement déconnectée de la nature.

Sources sur la viande in vitro :

https://cultivatedmeat.ucdavis.edu/federal-regulation

https://www.fda.gov/food/food-ingredients-packaging/human-food-made-cultured-animal-cells

https://www.smithsonianmag.com/smart-news/usda-approves-first-lab-grown-chicken-in-the-united-states-180982417

Nous devrions plutôt nous inspirer des peuples autochtones, comme les Amérindiens. Lorsqu’ils chassaient, ils ne s’en prenaient jamais aux petits, ils prélevaient uniquement ce dont ils avaient besoin pour se nourrir, et prenaient toujours le temps de remercier la Terre pour ce cadeau. Aujourd’hui, nous avons perdu ce sens du sacré. Par peur de manquer, nos réfrigérateurs débordent, et nous jetons des tonnes de viande périmée.

Paysage où est posé un tipi

En fermant les yeux sur la réalité des élevages intensifs, nous oublions le sacrifice de l’animal.

Le combat éthique pour le vivant

Paysage représentant la nature, petit lac et montagne

Beaucoup se moquent et tournent en dérision ceux qui modifient profondément leur alimentation par souci du bien-être animal. Le véganisme est souvent réduit à une simple mode, alors qu’il incarne avant tout un mode de vie fondé sur le respect de toute forme de vie. Certains n’hésitent pas à pointer du doigt une personne décédée en soulignant qu’elle était végane.

Mais pourquoi ne parle-t-on pas des milliers de morts causés chaque jour par la malbouffe et la consommation excessive de viande industrielle ?

J’ai une profonde admiration pour celles et ceux qui défendent ces valeurs, comme Paul Watson, Lamya Essemlali, Jane Goodall, Greta Thunberg, Joaquin Phoenix, Pamela Anderson ou encore Cyril Dion. Je pense aussi à tous les anonymes, ces militants de l’ombre souvent traités de fous, mais qui, à mes yeux, sont profondément dans le vrai. Beaucoup pensent encore que la souffrance animale n’a aucun lien avec l’écologie. Mais pourquoi cette déconnexion ?

Pour moi, toute vie est unique et précieuse. Au fond, peu importe notre régime alimentaire, l’essentiel réside dans le respect absolu du bien-être animal, pour être en parfaite harmonie avec le vivant. Pendant des années, on nous a conditionnés à croire que notre alimentation devait forcément inclure de la souffrance. Aujourd’hui, il m’est devenu impossible de cautionner cela.
Je reste convaincue que nous pouvons nous alimenter autrement, avec beaucoup d’amour et de gratitude. Si manger de la viande doit faire partie de notre quotidien, cela doit impérativement se faire dans le respect, sans torture, sans antibiotiques et sans cruauté.

« Chaque bouchée contient l’univers entier. », Thich Nhat Hanh