
Ces deux mots, diététique et nutrition, on les entend partout dès qu’il est question de bien manger… à tel point qu’on finit par croire qu’ils veulent dire la même chose.
Et pourtant, derrière ces deux notions se cachent des approches différentes, même si elles vont souvent de pair.
La diététique vient du grec « Diaitêtikê » qui signifie « hygiène de vie ». Hippocrate, pionnier en la matière, l’envisageait déjà comme une approche globale intégrant alimentation et activité physique. Elle est, pour lui, la clé de l’équilibre alimentaire et de la santé.
Le diététicien analyse le mode de vie, l’âge, le sexe et la taille du patient pour lui proposer un programme alimentaire adapté. Il calcule les besoins caloriques quotidiens et veille à un apport équilibré en nutriments :
- 10 à 20 % de l’AET (apport énergétique total) en protéines
- 35 à 40 % de l’AET en lipides
- 40 à 55 % de l’AET en glucide

Il calculera la dépense énergétique journalière, le métabolisme au repos (qui représente 60-75% de la dépense énergétique totale), la dépense énergétique liée à l’activité physique (ou niveau d’activité physique), qui varie selon la nature, la durée, les conditions et l’intensité de l’exercice, la thermogénèse ou l’effet thermique des aliments (environ 10% du total).
Il utilisera l’une des deux équations pour estimer le métabolisme de base (MB) : soit celle de Harris et Benedict (1919), soit celle de Black et All (1996), cette dernière étant la plus couramment utilisée aujourd’hui. Par ailleurs, il calculera également la masse graisseuse, en fonction des cas, à l’aide d’une balance impédancemètre, d’un adipomètre ou d’un analyseur de composition corporelle.
Cela m’a amené à me poser les questions suivantes :
• Faut-il vraiment faire ces calculs pour évaluer notre santé ?
• Le non-respect des apports recommandés nous expose-t-il réellement à des maladies ?

La nutrition est la science qui étudie la composition des aliments, leur assimilation par le corps et leur transformation en énergie. Issu du latin nutrire (nourrir), ce domaine s’intéresse aux nutriments divisés en deux catégories.
Macronutriments : glucides, lipides, protéines
Micronutriments : vitamines, minéraux, oligo-éléments
Le nutritionniste est souvent un médecin spécialisé en nutrition, capable de prescrire des examens et des traitements pour des troubles comme le diabète, l’obésité ou les troubles alimentaires. Un diététicien peut aussi se former en nutrition après son BTS. Le terme nutritionniste doit toujours être précisé par le métier exact (médecin, diététicien, ingénieur), comme l’explique la SFN.
Dans les grandes lignes, Hippocrate, père de la diététique, médecin grec du temps de Périclès, élabora les premiers régimes alimentaires en fonction de la digestion, des « humeurs » et de la température. À la fin du XVIIIe siècle, la nutrition humaine se focalise sur le métabolisme de base et la valeur calorique des aliments.
En 1827, William Prout classe les biomolécules en trois groupes : glucides, protéines et lipides. En 1840, Justus von Liebig détermine la composition chimique des biomolécules : les glucides sont constitués de sucres, les protéines d’acides aminés et les lipides d’acides gras.

La distinction entre nutritionniste et diététicien est souvent floue, bien qu’ils aient des formations et des rôles différents. Ces deux professionnels de santé sont normalement amenés à travailler ensemble afin d’assurer une prise en charge pluridisciplinaire du patient.

La médecine chinoise, vieille de plus de 3000 ans, est une médecine basée sur le ressenti, l’expérience et non sur des études cartésiennes et scientifiques, comme s’est construite la médecine occidentale.
Elle est holistique car elle englobe le corps dans sa totalité, en incluant les dimensions énergétiques, émotionnelles et spirituelles de l’individu.
Dans la diététique chinoise, les aliments sont classés par nature (fraîche ou froide, tiède ou chaude, neutre), par saveurs (acide, amère, douce, piquante, salée, astringente) et associés aux méridiens, ces canaux qui permettent à l’énergie de circuler et de relier toutes les parties du corps entre elles. Il faut pour cela que cette alimentation soit de saison et de qualité. Les aliments, en tant que substances nutritionnelles, ont une action thérapeutique, en prévenant l’apparition ou l’aggravation d’une maladie et en favorisant la guérison.
L’aliment doit être le plus vivant possible, le plus proche de sa vitalité, de son “Jing”, de son essence, de façon à nourrir notre propre vitalité, notre propre “Jing”. Dans la culture chinoise, l’aliment fait partie de l’énergie universelle. C’est un “aliment-énergie”, capable de nourrir nos besoins corporels, mentaux et spirituels. Inversement, consommer régulièrement une alimentation déséquilibrée (vide de micronutriments), inadaptée (hors saison) ou ultra-transformée peut être la cause de nombreuses maladies.
Les différentes diététiques :
- La diététique hippocratique a 4 éléments : l’eau, la terre, l’air, le feu, qui correspondent à 4 tempéraments : lymphatique, mélancolique, sanguin et colérique. Chaque aliment est classé en chaud, froid, sec ou humide.
- La diététique ayurvédique a 5 éléments : l’éther, l’air, l’eau, le feu, la terre, qui correspondent à 3 tempéraments : vata, pitta, kapha. Chaque aliment est classé selon les éléments, les tempéraments ou doshas, 6 saveurs et 3 catégories ou gunas (sattvic, rajasic ou tamasic).
- La diététique chinoise a 5 éléments : le bois, le feu, la terre, le métal, l’eau, qui correspondent aux mêmes 5 tempéraments. Les aliments sont classés par saveurs, couleurs, consistance. Les aliments peuvent être également yin ou yang.

La diététique hippocratique et la diététique chinoise ont survécu aux progrès de la médecine et de la chimie, tandis que la diététique ayurvédique ne survit plus qu’en Inde (médecine Unani-Tibbi).
La naturopathie a repris certains concepts de la médecine ayurvédique comme celle de voir l’individu dans sa globalité, considérant que le mental et le corps sont intimement liés et fonctionnent ensemble, pas de maux du corps sans maux de l’esprit.
Je ne suis pas convaincue de la diététique hippocratique car elle présente de nombreuses incohérences. Les calculs dont elle a besoin sont souvent basés sur des généralités et ne tiennent pas compte des spécificités de chaque individu. De plus, les recommandations diététiques sont souvent contradictoires d’une source à l’autre, ce qui crée une confusion chez les personnes qui cherchent à adopter une alimentation saine. Cette quête d’une alimentation parfaite peut parfois devenir une source de stress et d’obsession pour certaines personnes. Certes, l’alimentation joue un rôle majeur dans notre santé, mais nos émotions et d’autres aspects de notre mode de vie sont tout aussi importants.
Une de mes sœurs m’a fait remarquer que nous utilisons actuellement un langage basé sur les glucides, les protéines et les lipides, mais qu’il est possible qu’un jour ce vocabulaire évolue. Et pourquoi pas ? Après tout, la diététique chinoise ne s’appuie pas sur ces notions pour définir l’alimentation.
Puisque nos habitudes alimentaires évoluent, pourquoi ne pas faire évoluer également notre discours et notre approche de la nutrition ?
Il est évident que j’ai largement simplifié ce sujet sur la diététique et la nutrition, qui est en réalité bien plus vaste et que je ne fais pas partie du corps médical, que je ne suis pas médecin. Mon intention n’est pas de vous convaincre de suivre mon chemin ou mes convictions, mais simplement de vous encourager à faire vos propres recherches.
« Que ton aliment soit ta seule médecine ». Hippocrate
