Auteur/autrice : Lydia

  • Réseaux sociaux, la publicité, amis ou ennemis ?

    Réseaux sociaux, la publicité, amis ou ennemis ?

    Téléphone et poste de télévision en 1980

    Je fais partie de la génération X. Celle qui a grandi sans smartphone dans la poche, sans filtres Snapchat pour se transformer en lapin ou en mannequin en un clin d’œil. À mon époque, « téléphoner à un ami » signifiait composer un numéro sur le téléphone fixe du salon, et nos réseaux sociaux se limitaient aux derniers potins partagés autour de la machine à café.

    Aujourd’hui, le monde a bien changé. On marche dans la rue avec des oreillettes invisibles, on gère nos vies sans sortir le téléphone de notre poche et on fait des visios avec l’autre bout de la Terre comme si on partageait le même canapé. Le téléphone vocal est devenu une extension de nous-mêmes.
    Comme dit souvent ma mère : « À quand la puce intégrée directement dans l’oreille?»

    Rassurez-vous, je ne suis pas anti-technologie, loin de là. Quand je me perds en pleine campagne, mon téléphone me sauve la vie et je me prends un peu pour Indiana Jones avec une boussole high-tech.
    Mais parfois, je reste perplexe. Quand je vois un enfant de 5 ans scotché à des vidéos Instagram juste pour que ses parents aient la paix, je me pose des questions…
    En voulant nous connecter au monde, ne sommes-nous pas en train de nous déconnecter de la réalité ?

    Sans trop m’en rendre compte, j’ai suivi le mouvement comme tout le monde. Mon histoire avec le virtuel a commencé en 2005, lorsque j’ai poussé les portes de Facebook.
    À l’époque, le site créé par Mark Zuckerberg venait tout juste de dépasser les frontières des universités américaines. Pour moi, c’était magique, je pouvais enfin garder le lien avec mes proches, peu importe la distance. J’avoue que j’aimais bien ce petit pouvoir de liker ou non, ce contrôle sur ce que je choisissais de montrer de ma vie. Et étonnamment, à cette époque-là, j’avais un nombre incroyable d’amis virtuels.

    Smartphone et ordinateur

    Pendant longtemps, je me suis arrêtée là. YouTube existait bien, mais je n’y mettais presque jamais les pieds. Et puis, le fameux confinement de mars 2020 est arrivé. La télévision était devenue tellement anxiogène et étouffante que j’ai fini par l’éteindre pour me tourner vers les vidéos en ligne. C’est comme ça que je me suis retrouvée à suivre des cours de fitness au milieu de mon salon pour essayer de bouger un peu.

    Les réseaux sociaux, quel impact

    De fil en aiguille, l’algorithme a fait son travail. Après YouTube, j’ai fini par installer Instagram, puis TikTok… Bref, avec leurs milliards d’utilisateurs à travers le monde, ces applications ont fini par m’attraper moi aussi. Il faut bien l’avouer, je suis devenue ce qu’on appelle une excellente cliente !

    Mais un jour, lors d’une balade, j’ai eu un déclic. En passant devant la terrasse d’un restaurant, j’ai regardé les gens. À une même table, plusieurs personnes partageaient un repas… sans s’échanger un seul regard. Chacun avait les yeux rivés sur son écran. Le monde changeait à toute vitesse, et je ne l’avais même pas vu venir.

    Lors du tout premier confinement en France, le 17 mars 2020, les réseaux sociaux ont eu un rôle formidable, ils ont permis à des milliers de personnes de se mettre ou de se remettre au sport pour rester actives chez elles, ce qui est extrêmement positif. C’est à ce moment-là que de nombreux créateurs de contenu ont vu leur communauté exploser.

    Une femme faisant du sport devant une caméra

    Aujourd’hui, ils font partie intégrante du paysage français et de la publicité, et certains ont même développé leurs propres marques. Si plusieurs de leurs produits ou conseils sont tout à fait intéressants, il faut simplement garder à l’esprit que d’autres le sont beaucoup moins, car ces influenceurs n’ont pas toujours de formation officielle en nutrition ou en diététique.

    Si certains partagent des conseils très pertinents, d’autres s’improvisent experts sans aucun diplôme ni formation. Ils partagent des régimes à la mode, des compléments miracles et des méthodes de perte de poids ultra-vendeuses mais dangereuses. En prônant des pratiques extrêmes, ils peuvent pousser leur audience, souvent jeune et influençable, vers des carences ou des troubles du comportement alimentaire.
    On oublie trop souvent que derrière ces sourires parfaits se cachent des contrats publicitaires très lucratifs. Ces créateurs sont payés par des marques pour nous vendre un produit, pas forcément pour notre bien-être.

    Une télévsion entre deux jeunes femmes assises sur la plage

    En scrollant à l’infini sur TikTok, j’ai souvent l’impression d’un éternel recommencement. Notre époque ressemble curieusement aux années 80, mais en beaucoup plus rapide.
    Dans les années 80, les clips à la télé ont totalement révolutionné la musique. Aujourd’hui, TikTok fait exactement la même chose, un morceau devient viral grâce à une petite chorégraphie, propulsant des anonymes au rang de stars mondiales en un clic… avant que le public ne les oublie deux mois plus tard.
    C’est le grand retour de la « gloire express » de l’époque du Top 50.

    Et cette nostalgie de ces années ne s’arrête pas là, on la retrouve même dans la publicité. À l’époque, les pubs marchaient surtout grâce à des slogans percutants et des visuels parfaits. Aujourd’hui, les publicitaires préfèrent s’inspirer directement des grandes obsessions des réseaux sociaux.

    J’en ai eu la preuve récemment en regardant la télévision, je suis tombée sur une publicité pour une simple boîte de sardines. Contre toute attente, l’argument de vente n’était pas son goût ou sa fraîcheur, mais sa forte teneur en protéines !
    Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que sur TikTok et ailleurs, la protéine est devenue l’argument phare pour sculpter son corps.

    une boite de thon ouverte

    Les marques copient désormais les tendances des écrans pour capter notre attention.

    À force de chercher l’évasion sur mes écrans, j’ai réalisé une chose essentielle, tout ce temps passé à scroller, c’est autant de temps que je pourrais consacrer à de vrais instants de vie et de partage avec mes proches.
    Les réseaux nous aspirent dans un tourbillon de contenus éphémères qui nuisent à notre concentration et nous éloignent de nos priorités.

    Après tout, les créateurs de contenu sont des personnes comme vous et moi, ils ont le droit à l’erreur et ont parfois des intérêts commerciaux. C’est donc à nous, avec notre bon sens, d’apprendre à regarder leurs vidéos avec un peu de recul et de discernement.

    Les textes que je partage ici sont le fruit de mes propres recherches et de mes questionnements. C’est un dialogue intérieur que j’ouvre avec vous. Mon but n’est pas de juger, ni de peindre le monde en noir. Au contraire, je veux regarder l’avenir avec optimisme, bienveillance et lucidité pour le bien de ceux que j’aime.

    « Internet. On ne sait pas ce qu’on y cherche mais on trouve tout ce qu’on ne cherche pas. » Anne Roumanoff

  • Mieux respirer: 4 exercices

    Mieux respirer: 4 exercices

    La respiration anti-stress

    La respiration est un processus vital pour tous les êtres vivants. Elle permet d’apporter de l’oxygène aux cellules du corps et d’éliminer le dioxyde de carbone produit lors du métabolisme.
    Lors de la respiration, l’air entre par le nez ou la bouche, puis passe par la trachée et les bronches pour atteindre les poumons. Dans les poumons, l’oxygène est transféré dans le sang grâce aux alvéoles pulmonaires, petites structures qui permettent les échanges gazeux.

    Une fois l’oxygène dans le sang, il est transporté vers les cellules du corps par le système circulatoire. Les cellules utilisent ensuite l’oxygène pour produire de l’énergie, tandis que le dioxyde de carbone produit est ramené vers les poumons pour être expiré.

    Quand vous observez un enfant respirer, vous vous rendez compte que sa respiration n’est pas du tout la même qu’un adulte. Les bébés respirent à des intervalles d’une ou deux secondes (30 à 60 fois par minute). Les enfants un peu plus âgés respirent à des intervalles de deux ou trois secondes (20 à 40 fois par minute). Et les adultes ont 12 à 20 cycles par minute.

    Respiration d'un enfant

    La respiration d’un bébé et d’un adulte diffère pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les bébés ont des voies respiratoires plus étroites que les adultes, ce qui rend leur respiration plus rapide et plus superficielle. Leur système respiratoire est également moins développé, ce qui signifie qu’ils ont besoin de respirer plus souvent pour obtenir suffisamment d’oxygène.

    De plus, les bébés respirent principalement par le nez, contrairement aux adultes qui respirent par le nez et la bouche. Cela s’explique par le fait que les bébés ont un réflexe de succion fort dès la naissance, ce qui les amène à préférer respirer par le nez pour pouvoir téter plus facilement.

    Colère et stress, la respiration peut aider

    Notre façon de respirer est le miroir direct de nos émotions, et la colère en est la preuve la plus flagrante. Dès que ce sentiment nous submerge, notre souffle s’emballe, devient saccadé et irrégulier, nous bloquons notre respiration avant de souffler par coups brusques. Ce phénomène n’est pas un hasard, c’est une réaction immédiate de notre système nerveux sympathique. En secret, il passe en mode « alerte » et prépare notre corps à affronter une tempête ou une situation de stress.

    Face à la colère, notre organisme se met instantanément en état d’alerte maximale. Un véritable shot d’hormones, notamment d’adrénaline, envahit le corps, le cœur s’emballe et le souffle s’accélère. Ce mécanisme instinctif a un but bien précis, c’est de saturer nos muscles en oxygène pour nous préparer à l’action. C’est l’héritage d’un réflexe ancestral qui met notre corps sous tension, prêt à réagir à la moindre seconde.

    Il est important de souligner que cette modification de la respiration varie d’une personne à l’autre. Certaines ont tendance à retenir leur souffle lorsqu’elles sont en colère, tandis que d’autres adoptent une respiration plus saccadée et haletante. À l’inverse, certaines expirent en gonflant le ventre et inspirent en le rentrant. Chaque individu réagit différemment à la colère, et cette diversité se manifeste également dans son rythme respiratoire.
    Une respiration inefficace, comme en cas d’apnée du sommeil, peut entraîner divers troubles tels qu’une fatigue chronique, un teint pâle ou grisâtre, un essoufflement et des maux de tête.

    La respiration est un système nerveux autonome et il est le seul système où l’on peut avoir un impact direct.
    Il n’y a pas de relai poumon, on ne peut pas le détoxifier, on ne peut pas regonfler des alvéoles abimés.
    D’un point de vue psychologique, la respiration est essentielle pour réguler les émotions.

    Je vous propose plusieurs exercices de respiration différentes pour aller mieux.
    Ils peuvent nous aider à nous détendre, à réduire le stress et à améliorer notre concentration.

    « Le secret de la longévité, c’est de continuer à respirer. », Bruce Lansky

    La respiration abdominale est la respiration que tout le monde devrait avoir, mais seuls les bébés et jeunes enfants ont cette respiration. L’éducation modifie cette respiration abdominale « tiens-toi droit », « rentre ton ventre », ainsi que la vie sociale, le stress…

    Exercice : Assis ou allongé, les yeux fermés, posez une main sur votre poitrine et l’autre sur votre ventre. Inspirez profondément et lentement par le nez en gonflant votre abdomen. (Vous pouvez vous guidez en comptant dix secondes d’inspiration). À cette étape, votre poitrine devrait bouger le moins possible et la main posée sur votre ventre devrait se soulever. Puis vous expirez, creusez le ventre du bas vers le haut afin de faire remonter le diaphragme et les organes au maximum. Puis relâchez le ventre et laissez venir l’inspiration abdominale. Renouvelez l’inspiration, et cette fois ci en expirant démarrez la contraction remontante à partir de plus bas, c’est-à-dire du périnée.
    Cet exercice, permet de se recentrer de se mettre en contact avec le présent et de reprendre conscience de sa globalité.

    respiration abdominale pour aller mieux
    Respiration de la cohérence cardiaque,

    La cohérence cardiaque :
    Cet exercice peut se pratiquer assis ou debout, mais pas couché.
    La méthode demande un rythme de 6 respirations par minute. Il suffit d’inspirer sur 5 secondes et expirer sur 5 secondes pendant 5 minutes (vous pouvez utiliser une application pour vous assister). Cette pratique s’effectue trois fois par jour, tout au long de l’année. Il s’avère que ce rythme est optimal, car cette technique aide à maîtriser sa respiration, favorisant ainsi une meilleure gestion du stress et de l’anxiété. Des études montrent qu’au repos, le taux d’oxygénation maximale est atteint avec ce rythme.

    La respiration carrée :
    Elle provient d’une technique de respiration issue du pranayama Samavritti (Sama : même, égal et Vritti : onde, vague).
    Chaque étape est pratiquée avec une durée spécifique, l’inspiration prend 4 secondes, ensuite on retient le souffle pendant 4 secondes. L’expiration prend 4 secondes, et on retient à vide pendant 4 secondes. On parle de la respiration carrée, car le principe est de réaliser quatre phases, parfaitement égales, d’inspirations et d’expirations comme les quatre côtés égaux qui forment un carré.

    Exercice : Asseyez-vous confortablement et imaginez un carré. Inspirez pendant 4 secondes en suivant un côté du carré, retenez votre respiration pendant 4 secondes en suivant un autre côté, expirez pendant 4 secondes en suivant un troisième côté, puis retenez votre respiration pendant 4 secondes en suivant le dernier côté. Répétez cet exercice plusieurs fois.
    Cet exercice diminue l’anxiété, réduit la tension artérielle, l’hyperactivité. Pour vous relaxer, expirez plus lentement qu’inspirez et réduisez les rétentions.

    La respiration carrée pour calmer le stress et la colère
    Respiration pour les enfants quand ils sont stressée

    Exercice du polichinelle : pour les enfants (quand ils sont en colère, stressé, contrarié etc…).
    Debout, l’enfant hyperactif saute sur place comme s’il était sur un trampoline. À chaque saut, il doit imaginer qu’il fait tomber l’énervement. Puis quand il s’arrête, il ferme les yeux pour mieux ressentir ce qui se passe dans son corps, par exemple les battements de son cœur qui ralentissent. Faites-lui répéter l’exercice deux ou trois fois s’il en a encore besoin.
    Conseil : restez à proximité de lui au cas où il aurait la sensation de vertige.

  • Peut-on vivre jusqu’à 100 ans et en bonne santé ?

    Peut-on vivre jusqu’à 100 ans et en bonne santé ?

    Femme centenaire, zones bleues

    Au Moyen Âge, l’espérance de vie était de seulement 30 ans. Aujourd’hui, elle atteint environ 85 ans pour les femmes et 79 ans pour les hommes.
    Cependant, dans certaines régions du monde, appelées « zones bleues », des hommes et des femmes vivent bien au-delà de ces moyennes.
    Le terme « zone bleue » a été introduit par Gianni Pes, un universitaire italien, et Michel Poulain, un démographe belge.

    En 2000, Gianni Pes et Michel Poulain ont découvert la première zone bleue dans la province de Nuoro en Sardaigne. Cette région abrite la plus forte concentration d’hommes centenaires au monde, vivant dans divers villages de montagne.

    Depuis 2002, avec le soutien de la National Geographic Society et sous la direction de Dan Buettner, un projet a été lancé pour identifier d’autres zones bleues dans le monde.

    En 2017, cinq zones bleues étaient reconnues dans le monde.

    La province de Nuoro en Sardaigne : Leur alimentation repose principalement sur des produits locaux et simples. Céréales, légumes, fruits et pommes de terre cultivés dans leurs potagers, des herbes sauvages qu’ils récoltent eux-mêmes en montagne, ainsi que des noix et des châtaignes, surtout en hiver. Leur alimentation est issue de leur propre travail. La viande est consommée avec parcimonies, 2 à 4 fois par mois (jamais de viande rouge). Le poisson est absent de leur régime, les villages étant trop éloignés des côtes. Ils consomment des produits laitiers (principalement de brebis et de chèvre). Enfin, ils produisent leur propre vin rouge à partir du cépage grenache.

    La province de Nuoro en Sardaigne
    L’île d’Ikaria en Grèce

    L’île d’Ikaria en Grèce : Le régime alimentaire des Icariens repose sur une grande variété de légumes, de fruits, d’huile d’olive, de poisson, de lait de chèvre et un peu de viande. Les habitants cultivent leurs propres fruits et légumes dans leur jardin, avec une place importante accordée aux légumineuses comme les lentilles, les pois chiches et les haricots, présents dans presque tous les repas.

    L’île d’Okinawa au Japon : L’alimentation traditionnelle d’Okinawa est principalement végétale, riche en patate douce violette, légumes, tofu fermenté, algues et un peu de poisson. Les Okinawaiens consomment peu de riz blanc et très peu de produits laitiers. Ils boivent du thé au jasmin ou du thé vert chaque jour et utilisent des herbes médicinales et des épices comme le curcuma. La viande est rare, les portions sont petites et les habitants mangent jusqu’à 80 % de satiété. Ce régime simple et nutritif est lié à leur longévité exceptionnelle.

    L'île d'Okinawa au Japon, faisant partie des Zones Bleues
    La péninsule de Nicoya au Costa Rica, faisant partie des Zones Bleues

    La péninsule de Nicoya au Costa Rica : Les habitants de Nicoya consomment une alimentation simple et naturelle, riche en maïs, haricots noirs, courges, riz, beaucoup de fruits, dont la papaye et des légumes frais. Ils mangent peu de viande, privilégient les œufs et le poisson, et boivent beaucoup d’eau. Leur cuisine repose sur des produits locaux, peu transformés, avec des portions modérées et des repas partagés en famille.

    Loma Linda en Californie : Leur alimentation est composée à 60% de fruits et légumes, avec des légumineuses, des noix, des graines et des produits laitiers. La consommation de viande est très rare.
    De nombreux habitants sont adventistes du septième jour et suivent une alimentation principalement végétarienne. Ils consomment beaucoup de fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, noix et graines. La viande est rare ou absente, les produits laitiers sont consommés avec modération, et l’eau est la boisson principale. Le café, l’alcool et le tabac sont généralement évités.

    Loma Linda en Californie faisant partie des Zones Bleues

    Les points communs de ces zones bleues incluent une activité physique modérée et régulière, un but dans la vie, et souvent un jardin où ils cultivent leurs légumes. Leur alimentation est principalement à base de légumes et de fruits avec une consommation occasionnelle de viande, de poisson ou de fromage.
    Par exemple, les habitants d’Ikaria ont un régime similaire au régime crétois, tandis que les villageois de montagne sardes consomment de la viande, y compris de la charcuterie faite maison, sans acheter de produits de supermarché.

    Un engagement spirituel ou religieux joue un rôle important dans leurs vies, de même que l’engagement familial et social, ils sont heureux.
    Sur l’île d’Okinawa, les habitants croient en la guérison par les aliments, qu’ils appellent « Nuchi Gusui ». Ils ont une vision très positive de la vie, gèrent efficacement le stress et possèdent un grand sens de l’humour et de la créativité.

    Lorsque le journaliste Dan Buettner a évoqué plusieurs centenaires sur les raisons de leur remarquable longévité, beaucoup ont souligné l’importance des liens familiaux et sociaux. En Sardaigne, les personnes âgées vivent au sein de leur famille plutôt qu’en maison de retraite. Les aînés estiment avoir un excellent bien-être mental et signalent peu de symptômes dépressifs. Une étude italienne menée auprès de 160 seniors de cette région a révélé que la résilience était fortement liée à des indicateurs de bonne santé mentale. Pour ces aînés, la résilience et la satisfaction tirée des relations sociales constituant des facteurs clés de leur bien-être psychologique.

    Lorsque j’ai commencé mes recherches sur les zones bleues, j’ai trouvé un article sur Wikipedia qui mentionnait que certains observateurs et chercheurs sont sceptiques quant à l’existence de ces zones, suggérant une possible exagération. Ils avancent que dans ces régions, les naissances sont parfois déclarées tardivement, ce qui modifie l’âge des habitants. Ils prétendent même qu’il pourrait y avoir une fraude aux retraites.

    Femme centenaire souriante dans un champs

    Admettons un instant l’hypothèse d’une fraude. Imaginons que ces villageois centenaires n’aient en réalité « que » 80 ou 90 ans. Soit. Mais comment expliquer alors leur incroyable vitalité ?
    Ces hommes et ces femmes continuent de jardiner au quotidien, parcourent des kilomètres à pied et affichent une santé tout simplement éclatante. Ils s’épanouissent pleinement, protégés des maladies chroniques et des longues périodes de souffrance, portés par une hygiène de vie exemplaire.
    Regardons autour de nous, connaissez-vous beaucoup d’octogénaires dotés d’une telle énergie ? C’est bien là que réside le véritable mystère, bien au-delà des chiffres sur un papier.

    En résumé, en adoptant le mode de vie des zones bleues, pour vivre longtemps et en bonne santé, il semble important de se nourrir sainement, de savoir gérer le stress, de pratiquer une activité physique douce, d’aimer la vie, d’être heureux, de s’entourer de ses proches et de s’engager dans la vie sociale.

    « Les calculs de mes ingénieurs sont formels. Le projet est irréalisable. Il ne reste plus qu’une chose à faire : le réaliser. », Pierre Latécoère

  • Exploration de certains régimes alimentaires

    Exploration de certains régimes alimentaires

    Photo montrant un centimètre et une fourchette expliquant les régimes

    Les problèmes de poids sont devenus un enjeu majeur dans notre société.
    Face à cela, de nombreux régimes dits « miracles » promettent une perte de poids rapide et durable. Il existe une multitude de régimes alimentaires, chacun reposant sur des principes spécifiques et visant des objectifs variés.

    Certains mettent en avant des bienfaits tels que l’augmentation de l’énergie, la réduction des risques de maladies chroniques ou encore une meilleure digestion. Toutefois, malgré ces promesses, il demeure difficile de déterminer quel régime est réellement le plus efficace, car les résultats varient d’une personne à l’autre.

    À ce jour, aucune recherche ne permet d’établir un régime universellement supérieur aux autres.

    Le régime méditerranéen : On doit sa mise en avant au chercheur Ancel Benjamin Keys, qui s’est consacré à l’étude des liens entre la nutrition et les maladies cardiovasculaires. Inspiré directement des habitudes des pays du bassin méditerranéen, il fait la part belle aux fruits, aux légumes, aux grains entiers, les légumineuses, les noix et l’incontournable huile d’olive, tout en intégrant une consommation modérée de poisson et de volaille.

    Photo d'une assiette avec des légumes et un œuf dur

    Le régime flexitarien : Apparu dans les années 1990 aux États-Unis, notamment sous l’impulsion militante du journaliste Mark Bittman, ce mode de vie se veut souple. Il est principalement végétarien, mais autorise une consommation occasionnelle de viande et de poisson, offrant ainsi les bienfaits du végétarisme sans la rigidité d’une exclusion totale.

    Le régime végétarien : Il franchit un pas de plus vers le végétal en excluant totalement la viande et le poisson de l’assiette. Il se compose donc exclusivement de légumes, de fruits, de grains, de légumineuses, de noix et de graines.

    Le régime végétalien et le véganisme : Le régime végétalien va encore plus loin en excluant absolument tous les produits d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers, œufs et même le miel) pour se concentrer uniquement sur les plantes, les grains, les noix et les légumineuses. Il est important de rappeler que le véganisme ne se limite pas à cette alimentation : c’est un véritable mode de vie qui refuse toute forme d’exploitation animale.

    Le régime ayurvédique : Transmis par les Rishis, les sages de l’Inde classique, cette tradition remonterait à plus de 5 000 ans. Son nom vient du sanskrit ayur (la vie) et veda (la science ou connaissance), signifiant littéralement « science de la vie ». Loin d’être une simple diète, il adapte l’alimentation en fonction des doshas (les profils corporels de chacun) pour nourrir l’équilibre et la longévité.

    Photo viande et oeufs

    Le régime Atkins : Inventé en 1972 par le Dr Atkins, un cardiologue américain, ce programme repose lui aussi sur une alimentation très pauvre en glucides, mais riche en protéines et en graisses. Il se décline en plusieurs phases progressives pour stimuler la perte de poids.

    Le régime cétogène (Keto) : Ses racines sont médicales. Développé d’abord sous forme de jeûne dans les années 1900-1910 par les médecins français G. Guelpa et A. Marie pour traiter l’épilepsie et le diabète, il traverse l’Atlantique en 1921. Aux États-Unis, le Dr Wilder émet l’hypothèse qu’une alimentation très riche en graisses peut induire un état de cétose bénéfique. Les médecins Helmholtz et Keith approfondiront ces recherches pour soigner l’épilepsie. Très pauvre en glucides et très riche en lipides, il force le corps à brûler les graisses comme source d’énergie principale.

    Le régime Dukan : Imaginé par le médecin nutritionniste Pierre Dukan, ce protocole choisit de mettre en avant les protéines au détriment des glucides et des lipides. Il s’agit donc d’un régime hyperprotéiné élargi, rendu hypocalorique par une réduction drastique des matières grasses.

    La chrononutrition : Inventée en 1986 par le Dr Delabos suite à ses propres difficultés à gérer son poids après l’arrêt du tabac, cette approche se base sur le respect de nos horloges biologiques. Elle étudie les variations de nos sécrétions hormonales au fil de la journée (en fonction de la lumière, du sommeil et de la faim) pour déterminer le meilleur moment pour consommer chaque type d’aliment.

    Chrono nutrition

    Le régime DASH : Mis au point et promu au milieu des années 1990 par le NIH (l’Institut national de la santé américain), ce modèle a été spécifiquement conçu pour lutter contre l’hypertension artérielle. Il privilégie les fruits, les légumes, les grains entiers et les produits laitiers faibles en gras, tout en limitant rigoureusement le sel, le sucre et les graisses saturées.

    Le régime pauvre en FODMAP : Créé au début des années 2000 par les docteurs Peter Gibson et Sue Shepherd, ce protocole d’élimination s’adresse aux personnes souffrant de troubles gastro-intestinaux, en particulier le syndrome du côlon irritable. Il consiste à réduire temporairement les aliments riches en glucides fermentescibles (les fameux FODMAP), permettant ainsi d’atténuer les irritations et de retrouver un vrai confort digestif.

    Régime paléo, assiette avec aliments non transformés

    Le régime paléo : Popularisé par le diététicien américain Loren Cordain, le régime paléolithique s’inspire de nos ancêtres préhistoriques. Il se concentre uniquement sur des aliments non transformés (viande, poisson, fruits, légumes, noix et graines) et élimine tout ce qui est issu de l’agriculture moderne, comme les produits laitiers, les céréales (grains) et les produits industriels.

    Le régime Weight Watchers : C’est une New-Yorkaise, Jean Nidetch, qui donne naissance à ce concept au début des années 1960. Sa méthode repose sur un système de points ingénieux pour apprendre à gérer la taille des portions, tout en encourageant une alimentation équilibrée et la pratique d’une activité physique régulière.

    « Il y a quelque chose plus difficile encore que de s’astreindre à un régime, c’est de ne pas l’imposer aux autres. » Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

  • Santé, science et industrie, comment s’y retrouver ?

    Santé, science et industrie, comment s’y retrouver ?

    À force d’entendre tout et son contraire sur ce que nous mangeons, on finit par s’y perdre. Pourtant, décrypter le contenu de nos assiettes est devenu essentiel pour faire des choix conscients et retrouver une alimentation sereine.

    En 1992, après avoir souffert de douleurs articulaires, j’ai découvert que je portais le gène HLA B27, présent chez environ 8 % de la population française. Les anti-inflammatoires qu’on m’a prescrits étaient si nombreux que je me sentais comme une véritable souris de laboratoire. Pour ne rien arranger, un rhumatologue m’a un jour affirmé qu’à mes 40 ans, je finirais en fauteuil roulant. Plutôt encourageant, n’est-ce pas ?

    Gros plan sur les mains d'un médecin

    Nous sommes en 1993. Je rencontre un médecin généraliste atteint d’une maladie génétique qui lui fait progressivement perdre la vue, sans qu’il puisse y remédier. Il est le premier à m’expliquer l’importance cruciale de notre alimentation, en me faisant remarquer une chose, les fruits et légumes d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier.
    Pourtant, à cette époque, personne ne me propose autre chose que des anti-inflammatoires. Aucun médecin, aucun rhumatologue ne me parle de l’alimentation ni du rôle qu’elle peut jouer sur ma santé. Je ne comprends pas encore que ce que nous mettons dans notre assiette a un impact direct sur notre corps. Sur le moment, je ne prête pas attention à ses paroles. Et pourtant, des années plus tard, je pense si souvent à lui. À quel point il était difficile, à l’époque, de trouver des informations fiables sur le lien entre choix alimentaires et bien-être…

    Un fauteuil, à côté deux postes de télévision représentant la publicité.

    Dans les années 80, les publicités mettaient en avant la viande, les produits laitiers et d’autres aliments, les présentant comme indispensables à notre santé. Elles soulignaient leur richesse en nutriments essentiels et leur rôle clé dans la croissance. Tout était fait pour nous encourager à les consommer afin de rester en bonne santé.
    Ce qui était frappant, c’est qu’aucune publicité ne mettait directement en avant les fruits et les légumes frais. Les fruits apparaissaient principalement dans des bouteilles industrielles, où l’on vantait les vitamines qu’elles contenaient, souvent avec une mention du nombre d’oranges pressées pour chaque bouteille. Quant aux légumes, ils étaient relégués aux soupes industrielles, loin de leur forme naturelle.

    D’ailleurs, Richard Gotainer était un très grand spécialiste pour nous mettre des slogans dans la tête : Banga avec le slogan « il y a des fruits et il y a de l’eau… », « le couscous Saupiquet à la viande et au poulet », « buvez, éliminez… », « Il est quatre heures, à la bonne heure », « on se lève tous pour Danone ». Les personnes appartenant à la génération X se souviennent encore de ses chansons publicitaires.

    Poussés par les médecins et les publicités de l’époque, nos parents étaient convaincus que boire un verre de lait était excellent pour la santé. Ils nous encourageaient à consommer cette boisson au petit déjeuner, car ils croyaient fermement à ses bienfaits. Il était réputé pour sa richesse en calcium, nécessaire à la santé de nos os et de nos dents. Vous vous souvenez du slogan « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » ? Il date de 1981.

    Photo montrant un verre de lait et un verre de jus d'orange

    De quoi ancrer durablement cette idée dans nos habitudes alimentaires. Le jus d’orange du petit-déjeuner était lui aussi considéré comme la boisson capable d’apporter les vitamines essentielles dont le corps avait besoin.

    Photo montrant des amandes

    Mais les produits laitiers sont loin d’être la seule source de calcium dans une alimentation équilibrée et variée. Le calcium est présent dans les épinards, les sardines ou encore les amandes, mais il y a 40 ans, on ne vous le disait pas. La recommandation de manger ou boire trois produits laitiers par jour remonte en réalité au premier PNNS (Programme National Nutrition Santé), lancé en 2001 par Bernard Kouchner. Le but affiché était de rééquilibrer les habitudes alimentaires françaises, sources de pathologies comme l’obésité enfantine.

    Ma mère me racontait que, lorsqu’elle était petite, elle buvait le lait directement à la mamelle de la vache et qu’il était très bon, je n’en doute pas une seconde. Mais aujourd’hui, le lait contient des pesticides (cinq fois plus que les végétaux), des métaux lourds, mais également des hormones de croissance liées aux pratiques des producteurs afin d’augmenter leurs rendements. Ces derniers seraient néfastes et notamment associés à une augmentation du risque de cancer du sein, de maladie coronarienne, sans oublier des effets pro-inflammatoires. Le lactose et les graisses saturées présents dans le lait ne permettent pas à l’estomac humain de le digérer correctement.

    On estime d’ailleurs à 75 % le nombre de personnes intolérantes au lactose, du fait de l’absence de l’enzyme lactase, indispensable à sa digestion au sein de leur organisme. Il peut provoquer chez l’adulte des troubles de la flore intestinale, ainsi qu’une perméabilité intestinale. À terme, le lait peut engendrer une toxi-infection générale avec des conséquences particulières sur l’immunité. Alors pourquoi continuer à donner cet aliment à nos enfants ?

    Pourtant, en 2024, les manuels scolaires de 6e proposent toujours comme exemple de petit-déjeuner le suivant : un verre de jus d’orange (ou un fruit frais), un verre de lait (ou du fromage), accompagné de pain et de beurre (ou des céréales). Cela m’amène à me demander, quel laboratoire a bien pu financer cette idée de petit-déjeuner ?

    Photo livres scolaires

    Même la science s’y perd. Une étude d’envergure menée sur la population suédoise, publiée en 2014 dans le British Medical Journal, a jeté un pavé dans la mare en concluant qu’une forte consommation de lait pouvait augmenter les risques de fractures et de mortalité. À l’inverse, des travaux parus en 2021 et menés sur plusieurs milliers de résidents en maisons de retraite en Australie ont démontré qu’un apport accru en produits laitiers réduisait significativement le risque de chutes et de fractures chez les personnes âgées. Face à ces conclusions diamétralement opposées, force est de constater que l’effet des laitages sur la solidité de nos os n’est pas clairement établi. Cette divergence de résultats soulève des questions sur l’industrie agroalimentaire qui finance parfois ces recherches.

    Sources

    https://www.bmj.com/content/349/bmj.g6015

    https://www.bmj.com/content/375/bmj.n2364

    L’absurdité du système médical

    Malheureusement, les institutions censées nous protéger marchent souvent sur la tête. La dernière fois que je suis allée à l’hôpital, je me suis rendue compte de l’aberration des propositions alimentaires. Des distributeurs remplis de barres chocolatées, de boissons sucrées gazeuses, de chips, etc. Une petite cafétéria proposant les mêmes aliments qui coûtent la peau des fesses, et aucun fruit. Peut-on m’expliquer pourquoi dans un hôpital, un endroit censé promouvoir la santé, les seules options disponibles sont de la malbouffe ?
    Cela me semble complètement incohérent.

    photo Hospital entrée

    Quand j’ai vu arriver les repas dans la chambre de la malade, qui était ma mère, je suis devenue livide. Purée, jambon cuit, morceau de fromage, yaourt et compote. Elle souffrait de polyarthrite. Alors pourquoi lui avoir donné des aliments pro-inflammatoires ? J’ai posé la question à l’infirmière qui m’a répondu que le menu avait été fait par une diététicienne.

    J’ai mis beaucoup de temps à comprendre ce que l’alimentation pouvait m’apporter et encore aujourd’hui, il m’arrive de manger des chips en me disant que ce n’est pas grave et que c’est une exception. Pourtant, si je prends le temps de réfléchir, je sais au fond de moi que ce n’est pas une exception et que c’est juste une excuse pour me dédouaner.

    J’ai grandi avec beaucoup de rumeurs et de convictions sur la nourriture, et c’est parfois difficile de se dire que les connaissances qui m’étaient transmises étaient fausses. Je n’ai pas le désir de changer votre alimentation, cependant, il est important de prendre conscience de l’impact de nos choix sur notre bien-être. La santé est un sujet complexe et personnel, et chaque individu a des besoins différents. Mon objectif est simplement de vous faire part de mes découvertes et de vous aider, peut-être, à prendre des décisions éclairées.

    Je vous invite à faire vos propres recherches, à consulter diverses sources et à interroger des experts. Cela demande du temps, mais notre santé n’est-elle pas une bonne raison ? Je ne crois pas qu’il faille manger de tout pour être en bonne santé.

    « Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire. », Bouddha

  • Ce que nous mangeons…

    Ce que nous mangeons…

    Une marmite remplie de lait rose et de viande

    Viande polluée, légumes aux pesticides… À force d’entendre tout et son contraire sur ce que nous mangeons, on finit par s’y perdre. Pourtant, décrypter le contenu de nos assiettes est devenu essentiel pour faire des choix conscients et retrouver une alimentation sereine.

    Avec l’évolution des pratiques agricoles et l’utilisation intensive de pesticides, notre alimentation a connu des changements importants. Les légumes et les fruits d’aujourd’hui ont souvent moins de nutriments essentiels et plus de résidus chimiques. Mais le pire se trouve probablement dans notre relation avec les animaux et la vie.

    Nous sommes devenus les complices d’un désastre alimentaire et environnemental

    L’enfer de l’élevage intensif

    La consommation de poulet, bœuf ou porc élevés en batterie et traités avec des antibiotiques pose des risques majeurs. L’usage excessif d’antibiotiques utilisés depuis des décennies en médecine vétérinaire, à la fois pour traiter des infections mais aussi pour accélérer la croissance des animaux d’élevage, peut entraîner une résistance aux médicaments chez les humains, rendant les infections plus difficiles à traiter.

    Médecin avec un Stéthoscope.
    une photo qui montre des poules enfermées dans des cages

    Dans les usines, ils font éclore des millions de poussins. Ces poulets sont génétiquement modifiés pour qu’ils soient plus en chair au niveau de la poitrine. Leurs organes et leur squelette ne suivent pas cette croissance musculaire ultra-rapide. Cela crée des arrêts cardiaques, certains ne tiennent plus debout et rampent sur les cadavres ou les déjections de leurs congénères. Ils sont élevés dans la souffrance.

    Les porcs, quant à eux, sont élevés dans des espaces si restreints qu’ils ne peuvent ni se retourner ni explorer leur environnement. Leurs queues sont coupées, leurs dents limées, sans anesthésie, pour éviter les morsures dues au stress extrême. Ils vivent sur un sol en béton, privés de lumière naturelle, baignant parfois dans leurs excréments. Ces êtres intelligents, comparables aux chiens, sont privés de toute forme de bien-être jusqu’à leur mise à mort.

    Plusieurs porcelets qui représente l'élevage intensif
    Photo de vaches représentant l'élevage intensif

    Dans les abattoirs, les vaches sont souvent tuées dans un état de panique, et certaines sont même abattues alors qu’elles sont encore gestantes. Pour produire du lait en grande quantité, les vaches laitières sont inséminées de façon répétée. Leurs veaux leur sont retirés dès la naissance, et leurs cornes sont systématiquement enlevées.
    En France, la quasi-totalité des élevages laitiers pratique l’écornage afin de faciliter la traite, le transport et l’abattage. Pendant leur gestation, ces vaches continuent d’être traites : elles sont donc exploitées à la fois pour leur lait et pour leur veau, avant de finir à l’abattoir.

    Le désastre de la pêche et de la pisciculture

    Le désastre ne s’arrête pas à la terre ferme. Au départ, la pisciculture semblait être une excellente idée : élever des poissons pour répondre à la demande sans détruire l’écosystème marin. Malheureusement, cette méthode a tourné à la catastrophe, et le saumon d’élevage est aujourd’hui devenu particulièrement nocif. Dans ces fermes maritimes, les poissons s’entassent par centaines dans des filets, évoluant au milieu de leurs propres excréments.

    Photo montrant l'élevage intensif de poissons

    Plus inquiétant encore, la présence d’un « entérovirus » y est régulièrement détectée, sans qu’aucune étude approfondie n’ait encore été menée pour mesurer son impact réel sur la santé humaine. En parallèle, cette industrie accélère la disparition du saumon sauvage. Enfin, pour masquer cette réalité et rendre le produit plus appétissant, les éleveurs n’hésitent pas à utiliser des colorants artificiels afin de recréer de toutes pièces la couleur rose caractéristique de la chair du saumon sauvage.
    Quant à la pêche industrielle, elle endommage gravement les fonds marins, les filets traînés sur le sol détruisent les écosystèmes sous-marins. Cette méthode capture aussi des espèces non ciblées, appelées prises accessoires (comme lors de la pêche au thon). Lorsque trop de poissons sont pêchés, il ne reste plus assez d’adultes pour que les espèces puissent se reproduire et survivre.

    Fausses solutions technologiques…

    Laboratoire pour fabriquer des souches de viandes

    Pour pallier cela, de nouvelles technologies apparaissent. Aux États-Unis, la commercialisation de la viande cultivée in vitro est désormais une réalité. Le processus consiste à prélever des cellules animales pour les multiplier dans des milieux de culture artificiels. Fin 2022 – début 2023, la FDA a confirmé l’absence de danger, et en juin 2023, le ministère de l’Agriculture américain (USDA) a donné son accord à deux entreprises, Upside Foods et Good Meat, pour vendre leur poulet de laboratoire.

    À l’origine, ce projet veut répondre à un défi environnemental majeur (l’élevage traditionnel génère à lui seul 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre). Mais sur le terrain, des États comme la Floride ou l’Alabama ont déjà interdit ces produits pour protéger l’élevage traditionnel. Au-delà de la politique, cette prouesse technologique me fait froid dans le dos. Il devient difficile de ne pas penser avec nostalgie au film culte « L’aile ou la Cuisse », où l’on dénonçait déjà de manière prémonitoire une alimentation industrielle totalement déconnectée de la nature.

    Sources sur la viande in vitro :

    https://cultivatedmeat.ucdavis.edu/federal-regulation

    https://www.fda.gov/food/food-ingredients-packaging/human-food-made-cultured-animal-cells

    https://www.smithsonianmag.com/smart-news/usda-approves-first-lab-grown-chicken-in-the-united-states-180982417

    Nous devrions plutôt nous inspirer des peuples autochtones, comme les Amérindiens. Lorsqu’ils chassaient, ils ne s’en prenaient jamais aux petits, ils prélevaient uniquement ce dont ils avaient besoin pour se nourrir, et prenaient toujours le temps de remercier la Terre pour ce cadeau. Aujourd’hui, nous avons perdu ce sens du sacré. Par peur de manquer, nos réfrigérateurs débordent, et nous jetons des tonnes de viande périmée.

    Paysage où est posé un tipi

    En fermant les yeux sur la réalité des élevages intensifs, nous oublions le sacrifice de l’animal.

    Le combat éthique pour le vivant

    Paysage représentant la nature, petit lac et montagne

    Beaucoup se moquent et tournent en dérision ceux qui modifient profondément leur alimentation par souci du bien-être animal. Le véganisme est souvent réduit à une simple mode, alors qu’il incarne avant tout un mode de vie fondé sur le respect de toute forme de vie. Certains n’hésitent pas à pointer du doigt une personne décédée en soulignant qu’elle était végane.

    Mais pourquoi ne parle-t-on pas des milliers de morts causés chaque jour par la malbouffe et la consommation excessive de viande industrielle ?

    J’ai une profonde admiration pour celles et ceux qui défendent ces valeurs, comme Paul Watson, Lamya Essemlali, Jane Goodall, Greta Thunberg, Joaquin Phoenix, Pamela Anderson ou encore Cyril Dion. Je pense aussi à tous les anonymes, ces militants de l’ombre souvent traités de fous, mais qui, à mes yeux, sont profondément dans le vrai. Beaucoup pensent encore que la souffrance animale n’a aucun lien avec l’écologie. Mais pourquoi cette déconnexion ?

    Pour moi, toute vie est unique et précieuse. Au fond, peu importe notre régime alimentaire, l’essentiel réside dans le respect absolu du bien-être animal, pour être en parfaite harmonie avec le vivant. Pendant des années, on nous a conditionnés à croire que notre alimentation devait forcément inclure de la souffrance. Aujourd’hui, il m’est devenu impossible de cautionner cela.
    Je reste convaincue que nous pouvons nous alimenter autrement, avec beaucoup d’amour et de gratitude. Si manger de la viande doit faire partie de notre quotidien, cela doit impérativement se faire dans le respect, sans torture, sans antibiotiques et sans cruauté.

    « Chaque bouchée contient l’univers entier. », Thich Nhat Hanh

  • Qu’est-ce que la nutrition ? Qu’est-ce la diététique ?…

    Qu’est-ce que la nutrition ? Qu’est-ce la diététique ?…

    Banane posée sur balance

    Ces deux mots, diététique et nutrition, on les entend partout dès qu’il est question de bien manger… à tel point qu’on finit par croire qu’ils veulent dire la même chose.
    Et pourtant, derrière ces deux notions se cachent des approches différentes, même si elles vont souvent de pair.

    La diététique vient du grec « Diaitêtikê » qui signifie « hygiène de vie ». Hippocrate, pionnier en la matière, l’envisageait déjà comme une approche globale intégrant alimentation et activité physique. Elle est, pour lui, la clé de l’équilibre alimentaire et de la santé.

    Le diététicien analyse le mode de vie, l’âge, le sexe et la taille du patient pour lui proposer un programme alimentaire adapté. Il calcule les besoins caloriques quotidiens et veille à un apport équilibré en nutriments :

    • 10 à 20 % de l’AET (apport énergétique total) en protéines
    • 35 à 40 % de l’AET en lipides
    • 40 à 55 % de l’AET en glucide
    Un praticien prenant des notes

    Il calculera la dépense énergétique journalière, le métabolisme au repos (qui représente 60-75% de la dépense énergétique totale), la dépense énergétique liée à l’activité physique (ou niveau d’activité physique), qui varie selon la nature, la durée, les conditions et l’intensité de l’exercice, la thermogénèse ou l’effet thermique des aliments (environ 10% du total).
    Il utilisera l’une des deux équations pour estimer le métabolisme de base (MB) : soit celle de Harris et Benedict (1919), soit celle de Black et All (1996), cette dernière étant la plus couramment utilisée aujourd’hui. Par ailleurs, il calculera également la masse graisseuse, en fonction des cas, à l’aide d’une balance impédancemètre, d’un adipomètre ou d’un analyseur de composition corporelle.

    Légumes posé sur une table

    La nutrition est la science qui étudie la composition des aliments, leur assimilation par le corps et leur transformation en énergie. Issu du latin nutrire (nourrir), ce domaine s’intéresse aux nutriments divisés en deux catégories.

    Macronutriments : glucides, lipides, protéines
    Micronutriments : vitamines, minéraux, oligo-éléments
    Le nutritionniste est souvent un médecin spécialisé en nutrition, capable de prescrire des examens et des traitements pour des troubles comme le diabète, l’obésité ou les troubles alimentaires. Un diététicien peut aussi se former en nutrition après son BTS. Le terme nutritionniste doit toujours être précisé par le métier exact (médecin, diététicien, ingénieur), comme l’explique la SFN.

    Dans les grandes lignes, Hippocrate, père de la diététique, médecin grec du temps de Périclès, élabora les premiers régimes alimentaires en fonction de la digestion, des « humeurs » et de la température. À la fin du XVIIIe siècle, la nutrition humaine se focalise sur le métabolisme de base et la valeur calorique des aliments.
    En 1827, William Prout classe les biomolécules en trois groupes : glucides, protéines et lipides. En 1840, Justus von Liebig détermine la composition chimique des biomolécules : les glucides sont constitués de sucres, les protéines d’acides aminés et les lipides d’acides gras.

    Vieux livres rangés dans une bibliothèque

    La distinction entre nutritionniste et diététicien est souvent floue, bien qu’ils aient des formations et des rôles différents. Ces deux professionnels de santé sont normalement amenés à travailler ensemble afin d’assurer une prise en charge pluridisciplinaire du patient.

    Un porte plume avec un parchemin écriture chinoise

    La médecine chinoise, vieille de plus de 3000 ans, est une médecine basée sur le ressenti, l’expérience et non sur des études cartésiennes et scientifiques, comme s’est construite la médecine occidentale.

    Elle est holistique car elle englobe le corps dans sa totalité, en incluant les dimensions énergétiques, émotionnelles et spirituelles de l’individu.

    Dans la diététique chinoise, les aliments sont classés par nature (fraîche ou froide, tiède ou chaude, neutre), par saveurs (acide, amère, douce, piquante, salée, astringente) et associés aux méridiens, ces canaux qui permettent à l’énergie de circuler et de relier toutes les parties du corps entre elles. Il faut pour cela que cette alimentation soit de saison et de qualité. Les aliments, en tant que substances nutritionnelles, ont une action thérapeutique, en prévenant l’apparition ou l’aggravation d’une maladie et en favorisant la guérison.

    L’aliment doit être le plus vivant possible, le plus proche de sa vitalité, de son “Jing”, de son essence, de façon à nourrir notre propre vitalité, notre propre “Jing”. Dans la culture chinoise, l’aliment fait partie de l’énergie universelle. C’est un “aliment-énergie”, capable de nourrir nos besoins corporels, mentaux et spirituels. Inversement, consommer régulièrement une alimentation déséquilibrée (vide de micronutriments), inadaptée (hors saison) ou ultra-transformée peut être la cause de nombreuses maladies.

    Les différentes diététiques :

    • La diététique hippocratique a 4 éléments : l’eau, la terre, l’air, le feu, qui correspondent à 4 tempéraments : lymphatique, mélancolique, sanguin et colérique. Chaque aliment est classé en chaud, froid, sec ou humide.
    • La diététique ayurvédique a 5 éléments : l’éther, l’air, l’eau, le feu, la terre, qui correspondent à 3 tempéraments : vata, pitta, kapha. Chaque aliment est classé selon les éléments, les tempéraments ou doshas, 6 saveurs et 3 catégories ou gunas (sattvic, rajasic ou tamasic).
    • La diététique chinoise a 5 éléments : le bois, le feu, la terre, le métal, l’eau, qui correspondent aux mêmes 5 tempéraments. Les aliments sont classés par saveurs, couleurs, consistance. Les aliments peuvent être également yin ou yang.
    Bureau avec une chaise. Des feuilles de papier sont posées sur le bureau avec un encrier et une plume.

    La diététique hippocratique et la diététique chinoise ont survécu aux progrès de la médecine et de la chimie, tandis que la diététique ayurvédique ne survit plus qu’en Inde (médecine Unani-Tibbi).
    La naturopathie a repris certains concepts de la médecine ayurvédique comme celle de voir l’individu dans sa globalité, considérant que le mental et le corps sont intimement liés et fonctionnent ensemble, pas de maux du corps sans maux de l’esprit.

    Je ne suis pas convaincue de la diététique hippocratique car elle présente de nombreuses incohérences. Les calculs dont elle a besoin sont souvent basés sur des généralités et ne tiennent pas compte des spécificités de chaque individu. De plus, les recommandations diététiques sont souvent contradictoires d’une source à l’autre, ce qui crée une confusion chez les personnes qui cherchent à adopter une alimentation saine. Cette quête d’une alimentation parfaite peut parfois devenir une source de stress et d’obsession pour certaines personnes. Certes, l’alimentation joue un rôle majeur dans notre santé, mais nos émotions et d’autres aspects de notre mode de vie sont tout aussi importants.

    Une de mes sœurs m’a fait remarquer que nous utilisons actuellement un langage basé sur les glucides, les protéines et les lipides, mais qu’il est possible qu’un jour ce vocabulaire évolue. Et pourquoi pas ? Après tout, la diététique chinoise ne s’appuie pas sur ces notions pour définir l’alimentation.

    Puisque nos habitudes alimentaires évoluent, pourquoi ne pas faire évoluer également notre discours et notre approche de la nutrition ?

    Il est évident que j’ai largement simplifié ce sujet sur la diététique et la nutrition, qui est en réalité bien plus vaste et que je ne fais pas partie du corps médical, que je ne suis pas médecin. Mon intention n’est pas de vous convaincre de suivre mon chemin ou mes convictions, mais simplement de vous encourager à faire vos propres recherches.

    « Que ton aliment soit ta seule médecine ». Hippocrate